Dans le paysage effervescent de la restauration niçoise, une adresse attire l’attention des amateurs de cuisine créative et sincère, Colita. Niché au 20 rue Catherine-Ségurane, l’établissement, ouvert à l’été 2024, impose une vision culinaire puissante et singulière, celle d’une cuisine italo-colombienne ardente, où le feu devient langage. La Rédaction l’a découverte pour vous.
Rue Ségurane, un feu sacré face à la colline du Château
Dans cette rue élégante et vivante, face à la minéralité de la colline du Château, Colita déploie son « fuego de Dios ». Le lieu s’inscrit naturellement dans ce nouvel eldorado gourmand du port de Nice, tout en affirmant une personnalité à part. Ici, la Colombie et l’Italie ne s’affrontent pas, elles s’accordent. La braise devient le point de rencontre, le socle commun autour duquel s’articule l’expérience.
Une hacienda niçoise à la minéralité douce
Chez Colita, la décoration fait partie intégrante de l’ADN du lieu. Sur la grande terrasse aux fauteuils orange ou dans la longue salle aux tons terre cuite, l’ambiance se veut chaleureuse et décontractée. L’agence niçoise Bleu Gris signe un décor inspiré de l’art précolombien et des haciendas traditionnelles, mêlant matières brutes, textures, poteries artisanales et bois patinés. Les murs, façonnés par la terre, dialoguent avec les jarres étrusques du bar ouvert sur la cuisine. La lumière, savamment tamisée, installe une atmosphère à la minéralité douce, enveloppante et sensuelle. Cuisine ouverte, places au comptoir, proximité avec la flamme, ici, le feu est visible, audible, presque palpable.
Un trio visionnaire au cœur du projet
Derrière Colita, se dessine un trio aux trajectoires complémentaires. À l’initiative du projet, Armand Crespo, figure connue de la gastronomie niçoise et restaurateur influent du Vieux-Nice, apporte son expérience et sa vision entrepreneuriale du goût. Il s’entoure de deux chefs distingués par le Gault & Millau 109, révélateur du sang neuf culinaire. Daniele Lamboglia, chef italien formé entre l’Italie et la Côte d’Azur, développe une cuisine méditerranéenne précise et inspirée, tandis que Carlos Gomez, chef colombien au parcours international, insuffle une mémoire sud-américaine fondée sur le feu, les épices et la cuisson directe. Ensemble, ils signent une cuisine identitaire, lisible et profondément métissée.
Bon à savoir
Derrière le nom Colita se cache une géographie intime, celle de la Colombie de Carlos Gomez, « Col », et « Ita » de l’Italie de Daniele Lamboglia, réunies en une seule signature.
L’art de la braise comme colonne vertébrale
Une cuisine aux origines ancestrales
Au cœur de Colita, le corps, c’est le feu. Les chefs revendiquent une cuisine où la matière brute, dure et ancestrale est travaillée avec précision et savoir-faire à l’ancienne. Ici, la plancha, la parrilla et le flambadou donnent le ton.
Une carte colorée et savoureuse
La carte de Colita se distingue par ses assiettes expressives, où la maîtrise du feu s’impose comme fil conducteur. Artichaut braisé au lardo di Colonnata, huîtres travaillées au flambadou, pluma de cochon au pesto d’aneth ou loup entier à partager traduisent cette cuisine de braise précise et généreuse. La côte de veau relevée d’un chimichurri ou le poulpe saisi à la flamme, accompagné d’une sauce romesco et de spianata piccante, confirment l’intensité aromatique de l’ensemble.
En contraste, le cru trouve naturellement sa place à travers des ceviches et des tataki pensés au rythme des saisons. L’un, d’inspiration péruvienne, associe poisson blanc, jus de mangue, kiwi et pomelo, tandis qu’une version plus méditerranéenne marie dorade, poire, rutabaga, betterave et noisette. Les saveurs sont franches, équilibrées, sans artifice. Les légumes, omniprésents, de l’artichaut à la braise aux légumes grillés, pesto et burrata, affirment une cuisine affranchie du tout carné, portée par un vocabulaire latin assumé et une relation constante au produit.
Notre expérience chez Colita
Installés sur la terrasse baignée de lumière, notre expérience débute par deux mocktails Son Tu Passion, clin d’œil à la mixologie colombienne, qui ouvrent le palais avec fraîcheur. La suite se construit autour d’entrées finement exécutées : un artichaut délicatement braisé, relevé par la douceur du lardo di Colonnata, un ceviche de poisson blanc aux notes tropicales de jus de mangue, de purée de kimchi et de pomelo, puis une assiette de légumes grillés accompagnés de burrata et de pesto, où la braise apporte profondeur et équilibre.
*Fruit de la passion, jus d’ananas, sirop de vanille et jus de citron vert.
Les plats confirment la maîtrise du feu. Le poulpe, saisi à la flamme, se distingue par sa texture et s’accompagne d’une sauce romesco relevée de spianata piquante. La pluma de cochon, fondante, s’accorde à une purée de céleri-rave, un pesto à l’aneth, un jus de viande concentré et une betterave subtilement travaillée.
En desserts, l’audace se prolonge avec un sablé associant crème et gelée de citron aux olives taggiasche confites, ainsi qu’un tiramisu minute au gel de café, signature maison, qui clôt notre voyage culinaire avec gourmandise.
Une table conviviale et festive
La table se veut abordable, généreuse et vivante. La cave, nature, voyage entre la France et l’Italie au gré de découvertes choisies. Le service, chaleureux et attentif, éclaire l’expérience sans jamais la contraindre. Au comptoir, le spectacle est total, aux premières loges des flammes et des gestes.
L'Avis de la Rédaction
Chez Colita, la cuisine des deux chefs se veut rassurante et enveloppante, osant des audaces maîtrisées. Ni tout à fait colombienne, ni tout à fait italienne, elle puise dans les deux cultures pour inventer un langage singulier et vibrant. Table conviviale et festive, l’établissement s’affirme comme une adresse de caractère, où le feu fédère, rassemble et raconte une histoire profondément humaine. On valide !
Informations Pratiques
Colita Nice
20 rue Catherine Ségurane
Tel : 04 93 07 15 69
Site : https://www.colita-nice.fr
Ouverture :
Du mardi au déjeuner et au dîner du mardi au samedi
Fermé dimanche / lundi
Visuel de couverture : © Corinne Martin
